École française du XIXe siècle

Lot 560
12 000 - 15 000 €

École française du XIXe siècle

MOULAGE DE LA MAIN DROITE DE THÉODORE GÉRICAULT, 1824
Plâtre (accidents, restaurations anciennes)
Annoté en creux sur la terrasse: «A tous ceux que j'aime adieu»
Sous la terrasse, annotation ancienne «main de Théodore Géricault» et une étiquette fragmentaire: cette main a ét[é moulée ?] le jour même de la mo[rt ...] / mouleur à mr Bouché, L[...]/ existant en plâtre; il n'y en a [...]/ c'est 2 heures avant de mou[rir ...]/ (à tous ceux que j'aime ad[ieu...]/ (ce moulage es[t...].
9 x 22,5 x 14,5 cm
Théodore Géricault (1791-1824), parfaite incarnation du génie romantique mort bien trop tôt, a, sur son lit de malade, réalisé trois aquarelles et une peinture d'après sa main gauche. «Il souffrait horriblement, ce qui ne l'empêchait pas de travailler. L'amour de l'art le consola du moins jusqu'à son dernier moment. Il suppliait ses amis de le soulever sur son oreiller pour qu'il lui fût possible de peindre encore, et lorsque toute force lui fut ravie, ses yeux étudiant sur lui-même. Il montra à ses amis sa main mourante en leur disant: "Voyez donc! quel peintre, quel sculpteur a jamais rendu une main aussi souple que celle-là !" La vieille de sa mort, il prononça ces paroles déchirantes: N'est-il pas triste de mourir à trente-trois ans avec le regret de n'avoir encore rien fait de ce que l'on a senti!» (Anonyme, «Salon de 1841.
Sculpture. Tombeau de
Géricault, par M. Étex», Magasin Pittoresque, t. IX, 1841, p. 110).
En faisant mouler sa main droite, celle qui avait peint le Radeau de la Méduse,
Géricault perpétuait un culte sentimental propre à son siècle, érigeant sa propre mort en véritable martyr de la peinture romantique.
Ce moulage sera reproduit et commenté dans le futur Catalogue raisonné des peintures de Théodore Géricault, en préparation par Bruno Chenique.
PROVENANCE
- Collection Docteur Camille Mauclair;
- Collection Claude Aubry (1927-2007);
- Paris, collection particulière.
EXPOSITIONS
- 1924, Paris, Hôtel Charpentier, 1924, Géricault, cat. 307.
- 1991, Paris, Grand Palais, Géricault, cat. 147.
- 2012, Clermont-Ferrand, musée d'art Roger Quillot, Géricault. Au coeur de la création romantique. Études pour le Radeau de la Méduse, cat. 46.
BIBLIOGRAPHIE
- Édouard, duc de Trévise, Jean Guiffrey et Pierre Dubaut (dir.), Géricault, cat.
exp. Paris, 1924, p. 90, cat. 307.
- Georges Dubosc, «L'Exposition Géricault», Journal de Rouen, n° 118, dimanche 27 avril 1924, p. 3.
- Philippe Grunchec, Tout l'oeuvre peint de Géricault, Paris, Flammarion, 1978, p. 84, repr.
- Germain Bazin, Théodore Géricault. Étude critique, documents et catalogue raisonné, t. I, L'homme: biographie, témoignages et documents, Paris, Bibliothèque des arts, 1987, p. 204, fig. 143.
- Lorenz Eitner, Géricault, sa vie, son oeuvre, [1983], trad. Jeanne Bouniort,
Paris, Gallimard, 1991, p. 388, 439 n. 172.
- Régis Michel et Sylvain Laveissière (dir.), Géricault, cat. exp., Paris, RMN, 1991, t. I, p. 254, fig. 390, repr. p. 368, cat. 147 (notice par Bruno Chenique).
- Bruno Chenique, «Géricault posthume», dans R. Michel (dir.), Géricault, actes coll., t. II, Paris, 1996, p. 946, 990, fig. 401.
- Bruno Chenique, «Le masque de Géricault ou la folle mémoire d'un culte sentimental et nauséabond», dans E. Héran, Le Dernier Portrait, cat. exp.,
Paris, musée d'Orsay, 2002, p. 161-163, fig. 2.
- Wolfram Pichler et Ralph Ubl, «Vor dem ersten Strich. Dispositive der Zeichnung in der modernen und vomodernen Kunst», dans W. Busch, O. Jehle et
C. Meister, Randgänge der Zeichnung, Munich, Wilhelm Fink Verlag, 2007, p. 232.
- Nina Athanassoglou-Kallmyer, Théodore Géricault, trad. Hélène Ladjadj et
Catherine Makarius, Paris, Phaidon, 2010, p. 213, fig. 190, repr. coul.
- Bruno Chenique et Anne-Charlotte Cathelineau (dir.), Géricault. Au coeur de la création romantique. Études pour le Radeau de la Méduse, cat. exp., Clermont-
Ferrand, 2012, p. 245, 257, cat. 46, repr.
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